Sony veut concilier savoir-faire électronique et projets en robotique

Au cours d’une réunion stratégique annuelle, le géant de l’électronique japonais a réorienté sa stratégie commerciale vers le jeu-vidéo et la robotique, branches d’avenir.

Pertes, profits et prévisions

Après plusieurs années de pertes, liées notamment à l’effondrement de sa branche de capteurs d’images, le géant de l’électronique japonais tente de renouer avec la croissance. Pour cela, rien de tel que de se relancer dans la course aux technologies de la grande consommation.

Au salon international du jeu-vidéo le plus populaire de la planète, l’E3, Sony, comme la plupart de ses concurrents, en a profité pour présenter ses tout nouveaux produits spécialisés dans la réalitié virtuelle, grande thématique de l’édition 2016. Au premier rang de ses produits, son modèle phare : la PlayStation VR.

Une annonce qui refait une santé au groupe puisque dans sa note de révision de prévisions de ventes, il a largement revu à la hausse le chiffre d’affaire anticipé pour sa section jeux-vidéos (passant de 1600 milliards de yen à 1900 milliards, environ 13 milliards d’euros) et une marge opérationnelle quasiment doublée. Lors d’une réunion stratégique, le CEO de Sony, Kaz Hirai, aurait même fait de la VR l’un des prochains axes principaux de développement de l’entreprise qui voit un avenir prometteur pour cette toute nouvelle technologie.

A l’inverse, le secteur des capteurs images, qui constitue l’un de ses principaux générateurs de revenus, est à la peine. Le chiffre d’affaire réalisé dans ce domaine a donc été revu à la baisse, passant de 1250 milliards de yens à seulement 830 (estimations hautes) avec une marge opérationnelle passant de 12% à 8%. Ce ralentissement notable serait lié à la concurrence du marché, à l’essoufflement des ventes de smartphones ainsi qu’à la fermeture d’une de ses usines de capteurs d’images à cause d’un séisme dans la région de Kumamoto.

Les sentiers de la croissance

Pour retrouver le rythme de la croissance, le géant japonais a décidé de se relancer pleinement dans l’un de ses cœurs de métier : la robotique. Longtemps restée dans la tourmente, la branche robotique du groupe n’a jamais vraiment abouti. Depuis son célèbre chien Aibo, le japonais a enchaîné les échecs. Entre Rolly, le lecteur de musique en forme d’œuf et Qrio l’humanoïde, les aventures de Sony dans la robotique avaient tout sauf l’air d’une promenade de santé. Pourtant, en 2014, on découvrait avec surprise un brevet déposé au registre américain pour un nouvel humanoïde très largement inspiré de Qrio.

Alors que l’intelligence artificielle reprend doucement sa place au cœur de la recherche informatique, le géant de l’électronique a choisi de renouer avec cette science qu’elle avait délaissé depuis quelques années, du moins en apparence. En apparence car, le mois dernier, Sony rachetait Cogitai, une jeune start-up américaine spécialisée dans l’IA. Une bonne façon pour le numéro un de la console de jeux-vidéo de tenir tête à ses compatriotes qui s’investissent également de plain-pied dans ces nouvelles technologies. A commencer par Toyota Motors qui investira 5 milliards de dollars dans son laboratoire Toyota Research Institute au cours des cinq prochaines années et dont la technologie de voiture autonome devrait aboutir avant 2020. Du côté de SoftBank, la démission de son numéro 2 puis la reprise en main par son leader historique Masayoshi Son, présage une stratégie particulièrement tournée vers le développement de l’intelligence artificielle et l’atteinte de la Singularité.

La stratégie de Sony s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle ligne directrice pour l’entreprise qui s’appuie désormais sur une gestion managériale “privilégiant la rentabilité au volume d’affaires” et qui accorde “à chaque secteur d’activité une plus grande autonomie et une attention particulière portée à ses actionnaires“.

Création d’une nouvelle division robotique

A l’occasion de la réunion stratégique annuelle du groupe, le CEO a annoncé la création d’un centre tout spécialement dédié à la robotique au sein même de Sony Corporation, ouvert depuis le mois d’avril. Dans sa note de prévision, le groupe affirme vouloir “combiner ses forces existantes dans les technologies vidéo et audio avec les domaines de la robotique et de l’intelligence artificielle“.

Parmi les projets déjà en route dans ce domaine, on peut trouver les objets connectés Xperia lancés en début d’année ou les solutions de drones de sa joint Venture Aerosense.

Mais l’annonce la plus étonnante et la plus inattendue, c’est sans aucun doute celle d’un nouveau robot “capable de créer un lien émotionnel avec les clients, en inspirant l’amour et l’affection“. Un projet bien ambitieux qui ne surprend pas tellement, tant la mode est à la robotique personnelle et prétendument émotionnelle ces derniers temps, surtout dans un pays qui a longtemps noué des relations intimes avec ses machines, au point d’organiser des funérailles pour certaines d’entre elles… Par ailleurs, le père de Pepper -robot présenté comme le premier à pouvoir comprendre les émotions humaines- travaille déjà sur un modèle supposé lutter contre la solitude avec sa nouvelle entreprise Groove X.

Son objectif affiché est de “proposer de nouveaux business models qui intégreront des hardwares et des services pouvant fournir des expériences émotionnellement irrésistibles“. En clair, Sony cherchera de nouvelles applications pour les technologies de la robotique et de l’intelligence artificielle afin d’améliorer toujours plus l’expérience utilisateur et susciter l’intérêt.

Et pour accélérer ce processus, le groupe prévoit de créer un fonds d’investissement en juin qui accompagnera les start-ups qu’il a sélectionné pour atteindre ces objectifs, et créer un éco-système plus ouvert pour accueillir l’innovation et favoriser la R&D.

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Sony veut concilier savoir-faire électronique et projets en robotique

La robotique et le temps du Kronos

Dans la mythologie grecque, Héphaïstos, l’illustre artisan, est un dieu infirme, difforme et boiteux. C’est aussi un extraordinaire concepteur d’automates et de créatures artificielles imitant la vie qu’il met au service des dieux.

Héphaïstos et le temps du Kronos

Héphaïstos sait forger et animer des mécanismes complexes. Il a construit des trépieds capables de se déplacer de manière autonome (automatoï) pour se rendre à l’assemblée des dieux ainsi que les fameuses portes de l’Olympe qui s’ouvrent d’elles-mêmes.

Selon des sources antiques, il a fabriqué des servantes d’or qui l’assistent dans ses travaux, puis six charmeuses d’or accompagnées de chiens gardiens du palais d’Alkinoos, de chevaux forgés pour le char des Cabires, d’un aigle fabriqué pour Zeus et du géant de bronze Talos laissé à Minos pour garder l’île de Crète.

Créés pour accomplir une tâche précise qu’ils exécutent à la perfection, les automates d’Héphaïstos construits sur le modèle d’objets usuels, d’animaux ou d’êtres humains deviennent les auxiliaires des dieux. Dans la société divine où les Olympiens ne connaissent ni peine ni contrainte, les créations animées d’Héphaïstos remplacent les esclaves des sociétés humaines pour accomplir les tâches les plus répétitives et rébarbatives. Les automates donnent à la communauté des dieux et à la première race humaine la possibilité de mener une existence idéale, dénuée d’effort, préservée des souffrances et des malheurs.

Cette période idyllique, appelée “temps du Kronos”, est celle d’une agriculture prospère qui ne demande aucun effort et d’une production de richesses et de ressources totalement automatisée. On notera que les automates du temps du Kronos rendent inutiles l’esclavage et le travail humain.

Avec la convergence NBIC débute le second temps du Kronos

L’espèce humaine aborde aujourd’hui son second temps du Kronos marqué par la convergence NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique, sciences Cognitives). Les héritiers mortels d’Héphaïstos s’incarnent désormais dans chaque créateur de robots mis au service de ceux qui aspirent à une vie sans contrainte et à une certaine forme d’immortalité.

Entre l’Olympe d’Héphaïstos, la Silicon Valley transhumaniste et l’ensemble des nations technologiques, les similarités de faits et d’objectifs sont troublantes et doivent nous questionner : l’histoire et le devenir d’Homo Sapiens sont-ils tout entiers inscrits dans la mythologie grecque selon une circularité temporelle que nous ne cessons de redécouvrir ? Entrons-nous réellement dans un second temps du Kronos qui nous éloigne définitivement du travail répétitif, des contraintes, de la fatigue, des souffrances quotidiennes et de la mort ?

Si les aspirations originelles du temps du Kronos ont bien accompagné l’évolution humaine et jalonné son histoire, de l’antiquité aux Lumières et jusqu’aux grandes révolutions industrielles, elles quittent aujourd’hui la sphère mythologique pour façonner nos sociétés technologiques.

L’intelligence artificielle et la robotique, comme la forge et le marteau d’Héphaïstos, transforment notre environnement et nous libèrent de ses contraintes. L’augmentation de l’espérance de vie et l’émergence d’une information ubiquitaire globale entourant et guidant l’individu caractérisent désormais ce second temps du Kronos dans ses promesses émancipatrices.

Les merveilleuses créations d’Héphaïstos réalisaient toutes les tâches humaines à la perfection en surpassant le travail des êtres mortels. Ainsi, nul intrus ne parvenait à échapper à son chien d’or, molosse forgé, gardien du palais d’Alkinoos. Le géant Talos pouvait effectuer le tour de la Crète trois fois par jour pour prévenir toute intrusion.

Nous retrouvons aujourd’hui cette suprématie de l’automate sur l’humain dans des domaines précis : AlphaGo, l’intelligence artificielle de Google DeepMind vient de battre le champion du monde coréen Lee Sedol au jeu de Go (à lire ici). La robotique militaire produit des drones et des systèmes armés semi-autonomes de surveillance automatisée particulièrement efficaces (Robots sentinelles SGRA1 déployés à la frontière des deux Corées) qui sont autant de géants Talos dépassant les capacités humaines… Enfin, la fabrique du vivant que seul Héphaïstos sait mettre en œuvre au service des dieux trouve un écho moderne dans les progrès fulgurants des bio et des nanotechnologies. Pour comprendre le futur, relisons l’Iliade et l’Odyssée !

Thétis et Héphaïstos soutenu par ses automates


Illustration : Thétis et Héphaïstos soutenu par ses automates
 – Auteur : Füssli, Johann Heinrich (1741-1825) – 
Date : 1803

Thierry Berthier
Chaire de Cybersécurité à Saint-Cyr, Thales – Sogeti, Thierry Berthier nous convie à une réflexion autour de l’art de la guerre 2.0.

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La robotique et le temps du Kronos

Five Elements et Walmart s’allient pour créer le caddie autonome

La start-up Five Elements Robotics annonce un partenariat avec le géant Walmart pour incorporer des caddies autonomes dans les supermarchés.

Five Elements, la start-up qui soulage d’un fardeau

La Start-up Five Elements se spécialise dans la robotique, mais pas n’importe laquelle, celle du “follow-me”. Premier de la gamme, son modèle Budgee était un simple robot à roues comportant un bac pour y entreposer vos affaires. Sa mission ? Transporter vos biens en vous suivant à la trace. Si de tels engins ont déjà pris du service grâce à Savioke et AwaBot qui conçoivent notamment des robots de transport dans les hôtels, Budgee Bot est pionnier dans le domaine du grand public. Ce premier modèle est relativement petit et ne pèse que 9 kg. Il se déplace à environ 6,5 km/h, le tout pour une autonomie de 10 heures et il peut même être plié pour rentrer dans des espaces plus confinés. Il est déjà disponible à la vente pour 1400$.

Depuis, Five Elements (5E) développe de nouvelles solutions à partir de sa technologie follow-me. Son dernier prototype a tout sauf l’allure d’un objet design et moderne mais il a sans doute tout pour vous plaire. Son nouveau chantier ? S’attaquer au marché de la grande distribution en proposant un modèle de caddie autonome.

Budgee Bot, le robot de transport de Five Elements

Robotique et grande distribution

Dans le sillage de Budgee, le nouveau système de 5E est également un colporteur. C’est à l’occasion de la Conférence Technologique de Bloomberg de la semaine dernière, que le CEO de 5E en a profité pour dévoiler un partenariat de taille avec le numéro un de la distribution, l’américain Walmart.

L’objectif ? Concevoir le caddie du futur. Aussi, le petit dernier, baptisé Dash (littéralement : “se faufiler” en anglais) est un robot autonome qui vous suit pendant vos courses au super-marché, et ce jusqu’au coffre de votre voiture, avant de retourner à sa station comme un grand.

Dash n’en est encore qu’à l’état de prototype, mais il s’agit d’une version totalement repensée du caddie autonome et non pas d’une mise à jour de Budgee. Si la technologie de suivi reste la même, tout le reste est bien différent du grand frère. Pour naviguer dans les allées des magasins, le modèle a été équipé d’un radar Lidar, d’une caméra 3D et de capteurs ultrasons. Reste à voir si ces trois seuls composants lui permettront de se déplacer sans accrocs à travers les allées souvent bondées et dynamiques des super-marchés.

Mais le modèle a d’autres avantages intéressants, surtout pour un géant de la distribution comme Walmart qui dispose de plus de 5000 magasins rien qu’aux Etats-Unis et plus de 11 000 à travers le globe. Selon l’étude de Timetrade citée par 5E, 90% des sujets déclarent repartir les mains vides lorsqu’ils n’ont pas reçu l’aide escomptée. Et ce ne sont pas les 1,5 millions de personnes qu’emploie l’entreprise dans le pays qui aideront ses clients à faire leurs courses plus facilement. Afin de rendre cette activité ô combien indispensable mais ô combien fatigante, Walmart entend profiter des fonctionnalités innovantes présentées par 5E sur son dernier modèle.

Car Dash ne se contente pas de transporter vos sacs de courses, il vous accompagne dans la démarche. Choisissez un produit dans une liste sur votre téléphone et il trouvera le chemin le plus rapide pour s’y rendre (en espérant que Walmart ne manipule par trop le logiciel pour vous faire passer devant tous les produits, sauf ceux de première nécessité…). Grâce à votre téléphone vous pouvez directement concevoir votre liste de courses et la communiquer au robot qui se chargera de tracer l’itinéraire complet. Il ne manque plus qu’à ajouter un bras robotisé sur le caddie et vous n’aurez plus rien à faire à part suivre votre caddie dans sa course folle. En outre, chaque caddie disposera d’un système pour scanner automatiquement les objets lorsqu’ils sont déposés dedans. Et dernier atout : il embarque un système de paiement par carte de crédit ou par Apple Pay !

Enfin, en plus de faciliter la vie du consommateur dans ses magasins, Walmart bénéficiera de tout un tas de données recueillies sur vos achats et pourra donc afficher des publicités ciblées en fonction de votre historique d’achats.

De quoi relancer l’activité du groupe qui a fermé 154 magasins aux Etats-Unis l’an passé, et reprendre le pas sur la suite du peloton de la grande distribution dans lequel figurent les américains Costco et The Kroger, l’allemand Schwartz-Liddl et l’anglais Tesco, qui sont tous passés devant le groupe Carrefour en 2015.

Le robot de transport Dash devrait entrer sur la chaîne de production début 2017, après la conception d’un second prototype. Reste à voir si les déplacements et l’autonomie du robot suffiront à faire de lui une solution rentable en magasin.

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Five Elements et Walmart s’allient pour créer le caddie autonome

Les 10 lois de l’intelligence artificielle selon le CEO de Microsoft

Satya Nadella voit dans l’intelligence artificielle la même puissance que la vague internet des années 1990. Plutôt que de la craindre, il dresse une liste des dix points essentiels pour assurer que l’IA reste bénéfique à l’humanité, mais il n’oublie pas d’énoncer les principes qui feront que l’Homme ne sera pas non plus malveillant envers les machines.

Homme vs Machine, un tableau trop longtemps mystifié

Quelques jours seulement après la publication d’un article de recherche de son grand rival Google, Satya Nadella a lui aussi décidé de donner sa vision de l’avenir des robots et de l’intelligence artificielle. Dans un article publié sur Slate.com, le CEO de Microsoft déroule une liste de dix lois essentielles qui doivent régir la robotique et l’intelligence artificielle.

En ouverture, Satya Nadella donne le ton : “A terme, hommes et machines travailleront main dans la main, et non l’un contre l’autre“. De l’optimisme. Mais de l’optimisme affiché dès l’introduction : “Imaginez les possibilités qu’offre la collaboration homme-machine pour résoudre les grands maux de nos sociétés, comme la maladie, l’ignorance et la pauvreté“. On comprend donc très vite l’objectif de cette démarche : vanter les mérites de l’IA tout en listant les possibles défis que devra relever l’humanité face à l’avènement des machines.

Pour appuyer l’aspect positif de cette utile et bientôt nécessaire collaboration, Nadella cite l’exemple de Saqib Shaikh, un ingénieur de Microsoft aveugle qui a développé l’appli Seeing AI, à lire ici. Elle permet de redonner un sens de la vue aux aveugles en conjuguant différentes technologies de pointe, comme la reconnaissance faciale et les techniques de machine learning.

Selon lui, “la beauté du tandem homme-machine est occultée par les discussions sur le bien ou le mal de l’intelligence artificielle. Notre perception de l’IA semble piégée quelque part entre les voix menaçantes de HAL dans 2001 l’Odyssée de l’Espace et les voix amicales des assistants personnels comme Cortana, Siri et Alexa“. La perception sociétale de l’IA est donc entachée par la science-fiction qui utilise régulièrement la machine comme élément de l’intrigue, et presque toujours présentée comme le mal.

Puis, il s’active à désamorcer le conflit homme-machine. L’inquiétude qui gagne les travailleurs, craignant de se faire remplacer par un robot, serait irrationnelle et surtout beaucoup trop précoce. “Nous pouvons rêver à la façon dont nous utiliserons notre temps libre après que les machines ont pris notre place. Nous pouvons aussi craindre une crise du marché du travail d’ici la fin du siècle, mais selon la personne qu’on écoute, la prétendue “singularité” pourrait ne pas avoir lieu avant 2100, à condition seulement que ce ne soit pas tout simplement de la pure science-fiction“. Un pic lancé aux gourous du transhumanisme qui promeuvent avec ferveur ce moment de rupture où la machine dépassera l’Homme. Le CEO se désolidarise donc de certains pontes de la Silicon Valley, prêts à tout faire et tout dire pour déchaîner les passions, y compris quand cela vire à l’absurde (et même volontairement comme Elon Musk).

Les six lois de l’IA selon Nadella

Si l’IA peut soulever des problèmes éthiques auxquels il sera impératif de répondre au moment venu, Nadella ne déchante pas et croit en la capacité de l’Homme à maîtriser la machine. Car il faut le rappeler, toute technique, toute technologie n’est qu’un moyen inventé par l’Homme pour répondre à ses besoins.

Car selon le CEO de Microsoft : “nous autres humains, disposons de la créativité, de l’empathie, de l’émotion, de la matérialité et de la vision qui peuvent être associées à la puissance de calcul de la machine – sa capacité à traiter d’énormes quantités de données et de déterminer plus rapidement des séquences qui se répètent-, tout cela pour aider la société à avancer“.

Dans la droite lignée de l’écrivain américano-russ Isaac Asimov, le CEO de Microsoft dresse la liste des dix principes essentiels de l’intelligence artificielle :

Les IA doivent êtres conçues pour aider l’humanité. A mesure que nous construisons des machines plus autonomes et plus intelligentes, il est impératif que nous préservions l’autonomie de l’Homme. Les cobots doivent s’occuper des tâches difficiles et dangereuses pour préserver la vie des humains.

Les IA doivent être transparentes. Nous devons être en mesure de savoir comment la technologie que nous engendrons fonctionne et quels sont ses principes. Les machines doivent être intelligentes, mais surtout intelligibles pour le plus grand nombre. La relation entre les deux parties ne saurait être asymétrique : si la machine connait l’Homme, l’Homme doit connaître le fonctionnement de la machine. Comprendre comment elle fonctionne et voit le monde, c’est comprendre comment elle agit sur lui et avec lui.

Les IA doivent optimiser l’efficacité sans anéantir la dignité des hommes. L’IA doit préserver la culture et promouvoir la diversité. C’est pourquoi les populations doivent s’engager plus activement et plus profondément dans la conception de systèmes autonomes. L’industrie technologique ne doit pas imposer ses valeurs et ses mœurs sur la société.

Les IA doivent garantir la vie privée. Les informations qu’elles traitent doivent demeurer privées et protégées.

Les IA doivent être responsables de leurs algorithmes. Les hommes doivent pouvoir les modifier pour défaire le mal causé, même involontairement.

Les IA doivent être dépourvues de tout biais. Pour garantir l’égalité et l’objectivité, les machines ne doivent pas être conçues de manière biaisée. Sinon, des discriminations imperceptibles seront commises.

Les quatre lois de l’Homme

Bien entendu, qui dit collaboration dit adaptation des deux parties d’une même alliance. Si les IA doivent respecter tout une série de principes pour éviter qu’elles ne soient utilisées de façon malveillante, il en va de même pour les humains. Depuis des millénaires, les hommes ont développé des règles, des conventions, des codes puis des lois pour régir leurs relations les uns avec les autres, tout cela dans le but de maximiser la survie de l’espèce, d’un peuple, d’une nation et désormais à l’échelle de la planète. Aussi, pour relever le défi d’un monde où hommes et machines agissent de concert, il est indispensable d’adapter nos sociétés à ce mode de fonctionnement.

Les générations futures devront ainsi composer avec l’état et le fonctionnement de leurs sociétés. Pour ce faire, toujours selon Nadella, nos enfants et leurs enfants devront faire preuve :

D’empathie. Difficile à simuler sur les machines, cette compétence sera valorisée chez les humains.

D’éducation. Malgré l’allongement de la durée de vie, l’éducation doit être une priorité pour s’assurer que nos enfants inventent des technologies que nous ne pouvons maîtriser aujourd’hui. Car l’avenir de la jeunesse dépendra de sa capacité à innover.

De créativité. L’une des compétences propres à l’être humain. Et ce n’est pas prêt de changer.

De capacité de jugement et de responsabilité. Si dans le futur, la machine réalisera le diagnostic et l’opération chirurgicale, l’on aura toujours besoin d’une expertise humaine pour se tenir responsable des conséquences de cette opération.

Source : Article de Satya Nadella sur Slate.

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Les 10 lois de l’intelligence artificielle selon le CEO de Microsoft

Project Bloks : Google veut donner les clés de la programmation à tous les enfants

Avec le Project Bloks, lancé en 2013 par des chercheurs du Google Creative Lab, le géant du web entend donner à tous les enfants les moyens concrets pour apprendre à coder.

Programmeur, un métier d’avenir

Les grandes entreprises du web ont toutes un point commun : elles cherchent toujours plus de développeurs et programmeurs de talent. A cette quête de talent, tous semblent apporter la même réponse. Quitte à dénicher les meilleurs talents, autant les créer.

Aussi, les programmes d’initiation à la robotique se multiplient. Et les sociétés privées ne sont pas les seuls. Les pouvoirs publics aussi prennent peu à peu conscience de l’enjeu. Au festival Futur en Seine et au salon Maker Faire, des ateliers d’initiation à la programmation sont organisés chaque année. Pour le privé comme le public, le dénichage de graines de programmeurs représente un enjeu majeur. Pour les uns, il s’agit de trouver des grands esprits pour développer son entreprise, pour les autres il s’agit justement de satisfaire cette demande en pleine explosion pour lutter contre le chômage et favoriser le développement économique du pays. En 2013, à l’occasion de la Computer Science Week, le président des Etats-Unis avait lui-même insisté sur l’importance de l’informatique avec sa phrase mémorable : “Ne vous contentez pas de jouer avec votre téléphone, programmez-le“. Une façon d’appuyer les propos des pontes de la Silicon Valley pour qui le code est une priorité. Mark Zuckerberg, Bill Gates et Jeff Bezos s’étaient d’ailleurs réunis en 2015 pour fonder la Code Academy, un centre d’apprentissage ouvert à tous.

Pour ce qui est des compagnies privées, certains vont jusqu’à développer du hardware pour matérialiser les théories de programmation, comme Makeblock avec son robot Codeybot, la box de Robobox qui vous permet de recevoir tous les mois des pièces supplémentaires pour pousser son initiation, ou encore Root, le petit robot du Wyss Institute de Harvard qui cherche à intégrer directement les salles de classes. Ce ne sont que quelques exemples d’une liste désormais très longue de produits destinés à l’enseignement du code informatique.

Google vous simplifie la vie

Pour la partie software, c’est à dire logiciel, beaucoup de progrès ont également été faits pour rendre accessible les différents langages de programmation. Les développeurs de plate-formes de programmation optent de plus en plus pour des systèmes très visuels, et particulièrement minimalistes. Le mouvement open-source a largement contribué à la popularisation de la discipline. C’est d’ailleurs le Media Lab du MIT qui est à l’origine de l’un des tous premiers langages simplifiés pour les enfants : Scratch. Les Arduino et Makeblock ont également beaucoup aidé à démocratiser l’informatique.

Début 2016, le géant de Mountain View avait déjà lancé mBlockly, un outil qui permet de visualiser facilement son code informatique grâce à des cubes et des couleurs. Il est compatible avec une multitude de langages comme Python, Scratch, Javascript… Il s’agissait déjà d’un premier pas dans la simplification du code informatique. Mais Google ne compte pas s’arrêter là.

Un autre laboratoire de Google s’est activé à développer le projet Bloks. Dans un papier signé par des chercheurs de Google, de l’Université de Chiang Mai et de Stanford mais aussi de l’agence IDEO, la programmation est présentée comme une compétence non seulement recherchée mais nécessaire : “plus qu’une compétence professionnelle, c’est une nouvelle forme de lettrisme du XXIe siècle“. Une déclaration qui fait curieusement écho aux propos de Steve Jobs qui n’hésitait pas à affirmer que “Tout le monde devrait apprendre à coder, car cela apprend aussi à penser“.

Selon eux, le code informatique arrive à son apogée. Cette popularisaition est d’abord, le fruit des efforts consenti dans le secteur public comme le privé. Ensuite, cette popularité désormais acquise a amené à la création de nouveaux laboratoires de recherche, de nouvelles entreprises et de professeurs. D’autre part, l’expansion des plate-formes de crowdsourcing a donné à ces différents groupes les clés pour donner vie à leur idées. Puis, les avancées technologiques comme les communications sans fil, le prototypage rapide et tout un tas de micro contrôleurs et mini-processeurs ont également accompagné ce mouvement. Pour finir, l’essor de l’internet des objets est venu parachever ce processus de popularisation, puisque désormais les programmeurs peuvent parler à un nombre toujours plus grand d’objets.

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Le Project Bloks

Pour assurer l’avenir de la jeunesse, Google a conçu un objet modulable composé de trois types d’éléments : Pucks, Base Boards et Brain Boards. Le but ? Débarrasser les développeurs et designers de la contrainte de la conception technique du matériel pour laisser libre court à leur esprit d’innovation et ainsi créer de nouvelles applications pour les enfants.

Les Pucks sont des briques individuelles qui offrent des fonctionnalités uniques comme un bouton on/off, une flèche lumineuses, un signal sonore etc… Ils sont faits pour être faciles à prendre en main et particulièrement abordables puisqu’ils peuvent être fabriqués dans n’importe quelle matière. Il suffit de reproduire la signature qui correspond à une fonction avec de l’encre inductive. Ce sont eux qui définissent les différentes actions de l’objet.

Ces petites briques peuvent être ensuite associées à une Base Board qui se charge de lire les différentes instructions données aux Pucks. C’est ensuite à la Brain Board (la breadboard) d’harmoniser le tout en assurant l’alimentation et la connectivité avec la plate-forme de programmation. Elle est conçue à partie d’une Raspberry Pi Zero.

Ainsi il donne des outils concrets aux enfants pour matérialiser leur code en temps réel.

Plus d’informations sur le project Google Blocs, à lire ici

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Project Bloks : Google veut donner les clés de la programmation à tous les enfants