Elon Musk et OpenAI vont concevoir un robot majordome avec Fetch Robotics

Elon Musk et son entreprise “humaniste” OpenAI ont annoncé travailler sur un robot majordome. On sait désormais que ce sera avec Fetch Robotics.

L’ère de l’intelligence artificielle

L’inénarrable patron de SpaceX et de Tesla Motors le sait très bien, l’IA finira par être omniprésente, quelle que soit sa forme et sa fonction. Car si l’on imagine à tord l’intelligence artificielle comme une forme d’intelligence dépassant celle de l’Homme, on se trompe à bien des égards. Toutes les entreprises qui développent et utilisent des IA le font dans un but précis pour une fonction précise. Face à l’immensité de la tâche consistant à créer une simple machine capable de battre l’Homme au jeu de Go, il semble particulièrement vain d’espérer concevoir une intelligence multiple capable de répondre à des questions et des missions aussi variées que complexes.

L’expression intelligence artificielle est tout sauf définie et claire ; elle englobe toute une série de concepts et peut prendre toutes les formes. On parle au mieux de réseaux de neurones artificiels capables d’apprendre sans supervision et au pire de simples algorithmes. A titre d’exemple, les programmes d’analyse automatique de données peuvent êtres rangés dans cette catégorie, de même que les assistants personnels Google Now ou Siri, comme les robots de compagnie ou bien les applications de reconnaissance visuelle comme Prisma. Tout ce qui traite des données peut être rangé dans cette catégorie fourre-tout.

Les programmeurs se contentent, pour le moment du moins, de concevoir des machines capables de réaliser des tâches spécifiques, ce qui n’empêche pas de les rendre potentiellement dangereuses. Admettons que vous achetiez une IA qui gère simplement la cuisson de vos plats sur votre gazinière, il suffit qu’elle déraille et n’éteigne pas le gaz pour que naisse une menace bien réelle.

OpenAI et la transparence

Sachant pertinemment cela, Elon Musk a fondé une entreprise à but non lucratif, baptisée OpenAI. En réponse aux très secrets projets d’un Google ou d’un Amazon, Musk a préféré jouer la carte de la transparence pour contenir les oppositions les plus féroces. Car s’il mise tout sur l’open-source et la transparence, il s’agit bien d’IA que son entreprise développera. L’objectif n’est donc pas d’empêcher l’avènement d’une ère de l’intelligence artificielle mais bien plutôt de l’accompagner pour s’assurer qu’elle “bénéficie à l’humanité toute entière, démotivée de tout intérêt financier“. C’est du moins ce qu’il promet dans la présentation de son projet. Lancée en 2015, la plate-forme n’a ouvert son OpenAi Gym qu’en avril 2016.

La question des espoirs et dangers de l’intelligence artificielle commence toutefois à gagner du terrain dans le débat public. L’administration Obama s’est elle-même investie dans la recherche sur ce domaine en lançant deux programmes de consultation et d’exploration, après la publication d’un rapport de son bureau exécutif. Au même moment, le mathématicien Marcus du Sautoy avait fait sensation en demandant la constitution d’un régime juridique propre aux robots.

A ce petit jeu de la dédiabolisation de l’IA, Elon Musk n’est plus seul. Sa plate-forme est certes celle qui a eu le plus gros écho médiatique, mais les géants du web comme Facebook, Google et Microsoft ont également rejoint la partie avec leurs propres initiatives transparentes.

Curieuse stratégie que cette nouvelle forme d’innovation que nous évoquions déjà dans notre article sur l’OpenAiGym. Car le projet est tout de même sponsorisé par Amazon Web Services, Y Combinator Research et Infosys, sachant également que Elon Musk est à la tête de Tesla et de Space X et que Peter Thiel, co-fondateur de Paypal avec Musk, est un important investisseur américain. Ajoutez à cette fine équipe la personne de Sam Altman, ancien CEO de reddit qui du haut de ses 31 ans a déjà investi dans un grand nombre de sociétés désormais fructueuses comme AirBnB, Stripe ou encore Pinterest.

Annonce d’un projet de robot majordome

Révélé le 20 juin dans une publication sur le blog de la société, on en sait désormais un peu plus sur le projet de robot majordome promis par le patron d’OpenAI. Alors qu’il annonçait vouloir s’attaquer au bus et aux camions autonomes, mais aussi à l’énergie solaire, dans le Master Plan 2 de Tesla, Elon Musk compte bien débarquer sur le marché de la robotique de service, encore balbutiant mais ô combien prometteur. Tout s’y prête. Le croisement des progrès en matière de miniaturisation de l’électronique, d’efficacité des batteries et des capteurs, de connectivité et en matière d’intelligence artificielle, a permis un nouvel essor de ce secteur qui a vu un certain nombre de modèles sortir ou être annoncés cette année. Des modèles issus de start-ups pour la plupart et non plus de grands groupes japonais.

Et dans sa quête d’une robotique au service de l’humanité, Musk a, par le biais d’OpenAI, entrepris de concevoir un majordome de métal. Et à contre-courant des autres, OpenAI met bien l’accent sur la viabilité de la machine et de sa sécurité. Sur le blog de l’entreprise à but non lucratif (et non organisation à but non lucratif), les chercheurs employés ont déjà publié une série d’articles mettant en exergue les enjeux et défis de l’IA. Dont un article publié avec des chercheurs de Google Brain et qui dresse une liste des cinq problèmes majeurs que devra poser et résoudre la recherche. Une liste à laquelle n’a pas tardé à répondre le CEO de Microsoft, Satya Nadella qui a lui-même dressé sa propre liste des 10 lois de l’intelligence artificielle.

Dans le post initial du 20 juin dernier, tout ce que l’on savait était que OpenAI travaillait sur un robot matériel fabriqué par une entreprise extérieure et capable d’assumer les principales corvées ménagères. Selon l’auteur du post, il existe déjà des solutions pour chaque tâche, “mais nous espérons que les algorithmes d’apprentissage pourront finalement permettre de créer un robot multi-fonctions viable“.

Désormais, comme le rapporte le MIT Technology Review, nous savons quelle est cette fameuse entreprise extérieure. Il s’agit de Fetch Robotics, un fabricant de robots industriels basé en Californie. Autrefois baptisée Unbounded Robotics, spin-off de Willow Garage, connue pour sa machine PR2 et elle-même fondée par des anciens du MIT, Fetch Robotics revient de loin et cette collaboration arrive comme un vent de fraîcheur pour cette start-up fondée par Melonee Wise (ex-Unbounded Robotics).

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Elle développe déjà trois produits de manutention et travaille depuis de longues années (héritage de Unbounded) sur un robot majordome appelé Fetch, en référence au verbe anglais “to fetch”, aller chercher.

Cette plate-forme mobile, sur laquelle travaillent également des dizaines d’universités, a initialement été pensée comme un robot domestique capable d’apporter certains éléments dispersés dans la maison. Si la plate-forme existe depuis des années, c’est du côté du software que les progrès ne sont pas encore au rendez-vous. Car pour qu’une machine mobile parvienne à se déplacer sans encombres dans une maison, il faut concevoir un programme informatique et des algorithmes particulièrement fins. Et c’est sur ce segment précis qu’OpenAI espère faire des miracles, notamment grâce à sa nouvelle recrue, Peter Abbeel, embauché en avril dernier et spécialiste de deep learning. Depuis, une petite dizaine de nouveaux ingénieurs ont rallié les rangs de l’entreprise de Musk, parmi lesquels deux anciens de Stripe, et un autre de Dropbox. De quoi améliorer significativement les capacités des machines de Fetch Robotics.

Parmi les autres ambitions de la société : créer un agent virtuel doté de facultés de traitement linguistique suffisamment poussées pour communiquer naturellement avec les utilisateurs.

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Elon Musk et OpenAI vont concevoir un robot majordome avec Fetch Robotics