Intelligence artificielle : la Chine se rêve en leader mondial

D’ici 2030, la Chine ambitionne de devenir le numéro un mondial dans le domaine de l’intelligence artificielle, menaçant la domination des Etats-Unis en la matière.

L’appétit de la Chine est loin d’être rassasié. C’est le 20 juillet dernier que Pékin a rendu public un plan de développement national de l’intelligence artificielle, visant à faire passer son poids économique de plus de 22 milliards de dollars à l’horizon 2020 à 59 milliards de dollars d’ici 2025, puis 150 milliards de dollars en 2030, selon des chiffres du Conseil d’Etat.

Avec un tel plan, la Chine souhaite rivaliser avec les leaders américains du marché que sont Google, Microsoft, Apple, IBM ou encore Amazon, ne voulant pas être à la traîne dans des technologies de plus en plus cruciales à des domaines comme la voiture intelligente ou l’énergie.

Pour rattraper son retard, la Chine souhaite notamment résoudre le manque de puces électroniques haut de gamme, ainsi que former du personnel. « Les pouvoirs régionaux et le gouvernement central soutiennent cet effort en faveur de l’intelligence artificielle. Ils voient cette tendance venir et ils veulent investir davantage », affirme Rui Yong, responsable du pôle technologique chez le fabricant d’ordinateurs Lenovo. « Nous devons prendre l’initiative de nous attaquer résolument à cette nouvelle étape du développement de l’intelligence artificielle et avoir une avance en termes de compétitivité », a déclaré pour sa part le gouvernement chinois.

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Selon Rui Yong, « beaucoup ont cité la défaite des meilleurs joueurs de Go de Chine et de Corée du Sud face à l’intelligence artificielle. La société DeepMind et leur logiciel de jeu AlphaGo fait partie des causes qui ont amené le Conseil d’Etat chinois à lancer son plan pour l’IA ». Ce plan couvre pratiquement tous les domaines : de l’utilisation de la technologie pour la reconnaissance vocale aux robots d’expédition pour l’exploration en haute mer et dans l’Arctique, ainsi que l’utilisation de l’IA dans la sécurité militaire. La Chine a également déclaré qu’elle envisageait d’utiliser l’IA pour recueillir des preuves et lire des documents judiciaires, ou encore pour développer les « fonctions d’interaction émotionnelle » des machines.

D’ici 2030 donc, la Chine prévoit ainsi de devenir le premier centre d’innovation de l’intelligence artificielle au monde, qui, à son tour, « favorisera un nouveau leadership national et établira les fondamentaux clés pour un grand pouvoir économique ». D’autant plus que certaines sociétés chinoises sont susceptibles d’aider les militaires américains à développer de futurs systèmes d’armes bardés de technologies de pointe. La start-up Neuralia, qui développe à Boston des robots militaires plus perceptifs pour les forces aériennes des Etats-Unis, s’est notamment tournée vers la Chine pour obtenir un soutien financier, dont la somme n’a pas été divulguée…

Made in China 2025

Cette stratégie chinoise en matière d’IA est identique à celle planifiée sur le long terme pour la robotique. Le président chinois Xi Jinping a notamment lancé en avril dernier « une révolution robot » et un programme intitulé « Made in China 2025 ». Plus de 1 000 entreprises ont émergé, ainsi qu’une nouvelle association de robotique, la CRIA (Chinese Robotics Industry Alliance).

Pékin souhaite se concentrer sur l’automatisation des secteurs clés de l’économie, y compris la fabrication automobile, l’électronique, les appareils ménagers, la logistique et la production alimentaire. Le gouvernement chinois veut clairement augmenter la part des robots produits dans le pays à plus de 50% d’ici 2020. Sans oublier la récente ouverture d’un laboratoire d’intelligence artificielle en partenariat avec Baidu, le principal moteur de recherche chinois.

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Par ailleurs, la reconnaissance du visage transforme de nombreux aspects de la vie quotidienne chinoise. Les employés du géant du commerce électronique Alibaba à Shenzhen peuvent en effet montrer leurs visages pour entrer dans leur immeuble de bureaux au lieu de présenter une carte d’identité. Une gare située dans l’ouest de Pékin associe les billets de passagers à leurs identifiants délivrés par le gouvernement en scrutant leur visage. Si leur visage correspond à leur photo de carte d’identité, le système considère que leurs billets sont valides. La station de métro de Hangzhou, au sud-ouest de Shanghai, emploie des caméras de surveillance capables de reconnaître des visages pour repérer les criminels soupçonnés. La technologie utilisée ? Il s’agit de Face ++, la plus grande plate-forme technologique de reconnaissance faciale au monde.

D’autres entreprises chinoises, telles que Baidu, fournissent également une technologie de reconnaissance de visage aux développeurs. Mais la popularité de Face ++ a été une aubaine pour Megvii, la société basée à Pékin qui a créé la plate-forme. Fondée en 2011, Megvii est maintenant évaluée à environ un milliard de dollars et compte environ 530 employés, contre environ 30 en 2014. Samsung aussi parie sur cette technologie, avec ses téléphones S8 et S8 + qui prennent en charge la reconnaissance faciale. Apple devrait en faire de même pour son prochain iPhone 8…

De leurs côtés, les Etats-Unis ont rendu public en octobre 2016 un plan comparable de développement de l’intelligence artificielle. La bataille s’annonce donc mouvementée.

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