Le Royaume-Uni investit dans la robotique et l’intelligence artificielle

Le secrétaire d’État aux Affaires, à l’Énergie et à la Stratégie industrielle Greg Clark a lancé le Fonds pour le défi de la stratégie industrielle (ISCF) qui s’engage à investir plus de 1 milliard de livres sterling dans des technologies de pointe pour les quatre prochaines années. Il vise à créer des emplois et à améliorer le niveau de vie des citoyens.

En matière de technologie du futur, le Royaume-Uni ne fait pas semblant. En effet, son gouvernement vient d’annoncer qu’il s’apprêtait à engager près de 93 millions de livres sterling (soit 110 millions d’euros) pour la robotique et l’intelligence artificielle. Sans oublier un montant supplémentaire de 38 millions de livres sterling (soit 45 millions d’euros) dans les voitures sans conducteur. Le gouvernement britannique prévoit également d’augmenter les investissements dans la recherche et le développement de 4,7 milliards de livres sterling (soit 5,5 milliards d’euros).

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Au cours des prochaines années, le financement de l’ISCF sera utilisé principalement dans six domaines clés : la santé et la médecine, la robotique et l’intelligence artificielle, les batteries de stockage d’énergie propre et flexible, les véhicules autonomes, les matériaux de fabrication du futur, les satellites et la technologie spatiale. Le gouvernement vise à accélérer les progrès et l’innovation qui créeront des opportunités pour les entreprises et les secteurs à travers le Royaume-Uni. « Depuis que nous avons quitté l’UE, nous sommes déterminés à aider les innovateurs britanniques à rivaliser avec les meilleurs et à saisir les opportunités possibles. Cet argent aidera à faire progresser notre position de leader mondial dans le développement de technologies de pointe », a déclaré Philip Hammond, le chancelier de l’Échiquier du gouvernement de Theresa May.

Le Royaume-Uni vise un leadership mondial

Par cet investissement dans la robotique et l’IA, le gouvernement souhaite rendre l’industrie et les services publics plus productifs, en développant des systèmes qui peuvent être déployés dans des environnements extrêmes tels que l’énergie offshore, l’énergie nucléaire, l’espace et les mines profondes. Côté santé, l’investissement de 197 millions de livres sterling (soit 232 millions d’euros) doit permettre d’engager le développement des technologies de premier ordre pour la fabrication de médicaments. Ici, l’objectif est d’accélérer l’accès des patients à de nouveaux médicaments et traitements, en s’appuyant notamment sur les atouts de l’exportation du secteur bio-pharmaceutique du Royaume-Uni.

Par ailleurs, dans le cadre du « Faraday Challenge », le gouvernement britannique compte injecter 246 millions de livres sterling (soit 290 millions d’euros) pour aider les entreprises locales à bénéficier des opportunités offertes par la transition vers une économie à faible intensité de carbone. Le pays entend ainsi maintenir sa position de leader mondial dans la conception, le développement et la fabrication de batteries pour les véhicules électriques. Enfin, les dernières avancées en matière de véhicules autonomes attirent bien sûr l’attention. Les observateurs s’attendent à un investissement de près de 63 milliards de livres sterling d’ici 2035. Colossal. « Nous devons nous assurer que le Royaume-Uni est à l’avant-garde de la révolution des voitures sans conducteur », confirme Philip Hammond. Un pays conscient que seules la recherche et l’innovation peuvent aider à débloquer les nombreux marchés des industries du futur.

La France en retard

En 2014 déjà, l’IFR (Fédération internationale de robotique) dénombrait plus de 12 millions de robots dans le monde, essentiellement dans l’industrie automobile. En 2016, avec un peu plus de 100 robots pour 10 000 salariés, la France est pour sa part en retard, comparée à ses voisins européens tels que l’Allemagne qui en compte près de 300.

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En France, pour l’heure, un fort taux de chômage et un faible taux de robotisation persistent. Dans le secteur des industries automobiles, la France a perdu près de 250 000 emplois en 15 ans, alors que l’Allemagne recrute. En vérité, l’apport de la robotique n’aurait pas d’impact négatif direct sur l’emploi, au contraire, les robots permettraient la création d’emplois selon certaines études, voire la relance de secteurs moribonds. À moyen terme, tout laisse à penser que les progrès de la robotique auront un impact majeur sur la compétitivité industrielle de chaque pays. Néanmoins, en 2016, près de 3300 robots multifonctions ont été vendus (+8,4%) en France, la plaçant tout de même au pied du podium européen.

La Corée et le Japon loin devant

Outre les voitures autonomes, la robotique et l’IA représentent des marchés plein d’avenir. La robotique pourrait ainsi peser près de 20 milliards de dollars dans le monde d’ici 2020. Son taux de croissance annuel moyen s’est établi à 29,4% entre 2008 et 2014. En vogue notamment, les entreprises spécialisées dans les robots industriels et intelligents destinés aux services à la personne, ainsi que celles centrées sur la robotique chirurgicale.

L’intelligence artificielle, quant à elle, n’en finit pas de se tailler une place de choix pour le futur de nos sociétés. Selon les experts de Markets and Markets, le marché de l’IA représentera 5 milliards de dollars à compter de 2020. Pour une croissance autour des 53%. Le cabinet d’études Gartner estime, lui, à 6 milliards le nombre d’objets connectés en circulation à partir de 2018. D’autres études indiquent par ailleurs que chaque foyer disposerait d’une trentaine de ces objets dès 2025.

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En Corée du Sud, pas moins de 750 millions de dollars ont été investis pour développer la filière coréenne avec pour intention de devenir le leader de la robotique mondiale d’ici à 2018, pour 74 000 nouveaux emplois. Côté Japon, même sans investissements publics, les affaires tournent grâce notamment aux milliards injectés par ses grandes entreprises du secteur privé comme Kawasaki Heavy Industries, FANUC Robotics ou encore Honda. Selon l’IFR, 25% de la totalité des robots industriels existant dans le monde se trouvent au Japon… Tout est dit.

Du côté des USA, selon le rappot Forrester Research, les systèmes d’intelligence artificielle et les robots pourraient occuper jusqu’à 6% des emplois d’ici quatre ans. En 2016, le Forum économique mondial avait indiqué à Genève que des technologies comme l’IA pourraient entraîner la perte de plus de 7 millions d’emplois aux Etats-Unis. Tout en ajoutant que ces mêmes technologies pourraient se traduire par la création de 2 millions d’emplois dans les domaines liés à l’informatique, l’ingénierie et les mathématiques. Bref, le débat sur la robotisation des tâches et ses répercussions socio-économiques n’est pas prêt de s’arrêter.

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