Les robots de Boston Dynamics, ces piétons du futur

Marc Raibert, le PDG fondateur de Boston Dynamics, a annoncé que ses robots pourraient parcourir les rues dans un avenir proche.

Tenez-vous prêt. De nouveaux robots arrivent en ville. Sur chaque boulevard. Imaginez le chien robot Spot qui se dirige vers votre porte d’entrée pour livrer un colis. Imaginez ensuite que la personne qui a placé le paquet sur le dos de Spot était en réalité un humanoïde qui travaille dans une usine voisine. Vous vous dites que vous ne verrez jamais ça de votre vivant ? Erreur, c’est pour bientôt.

Au cours d’une conférence TED (Technology, Entertainment and Design) donnée le 25 avril, Marc Raibert a en effet surpris son monde en déclarant que ses machines effilées sans tête sont bel et bien prêtes à rejoindre les piétons de chaque trottoir.

Lors de son intervention, Raibert a par exemple montré une vidéo d’un membre du personnel de Boston Dynamics tirant une laisse attachée au « cou » du robot alors qu’il essayait d’escalader un escalier. Le robot lutte sous la tension, mais ses jambes s’ajustent rapidement à chaque étape pour garder son équilibre. Pour l’aider à maintenir cet équilibre, chaque robot est équipé d’une caméra embarquée. Celle-ci traite ainsi toutes les données relatives aux environnements autour du robot, avant que le logiciel télécharge le terrain en temps réel. Les zones sécurisées pour marcher s’inscrivent comme vertes, alors que les points dangereux apparaissent comme rouges.

Chez Boston Dynamics, citons encore Handle, ce spectaculaire robot monté sur deux roues capable de gérer la position de son « céphalo-thorax » ainsi que celle de ses deux membres supérieurs. En équilibre et en mouvement, ce dernier est capable de saisir et soulever de lourdes charges. Mais il y a aussi le désormais célèbre mais toujours impressionnant bipède Atlas, capable de se déplacer debout sur deux jambes en terrain accidenté, de porter des cartons ou de se relever. Bardé de capteurs dans son corps et de capteurs stéréo dans sa tête, il reste ainsi en équilibre tout en évitant les obstacles.

« Le ciel est la limite »

Mais où s’arrêtera Boston Dynamics, une entreprise discrète qui à chaque publication Youtube réalise des coups d’éclat médiatiques ? « Le ciel est la limite », répond Raibert, fier de toute cette panoplie d’humanoïdes extraordinaires et très agiles distillés savamment sur la toile. BD a d’abord gagné en notoriété dès 2009 lors de l’apparition de son fameux quadrupède Big Dog qui galopait à un rythme effréné au sommet d’un parking. Depuis, la société américaine a lancé une ligne constituée d’au moins neuf robots prototypes, chacun destiné à tester un ensemble de compétences différentes. Des tests qui font bien souvent figure d’exploits dans le domaine de la robotique.

Seul hic, on ne sait plus trop bien à qui elle appartient et quels sont les contenus de sa stratégie à long terme. Née en 1992 au sein du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), BD a longtemps vu ses projets financés par l’armée américaine. Jusqu’au rachat de l’entreprise en 2013 par Google, pour 500 millions de dollars (471 millions d’euros). Mais comme nous le révélions en mars 2016 selon un rapport de Bloomberg, Alphabet, la maison mère de Google, cherche à se débarrasser de sa filiale du Massachussets. Faute de rentabilité.

En effet, Boston Dynamics ne serait pas en mesure de vendre des produits avant quelques années. Ce qui n’est pas du goût du géant de Mountain View. Il semblerait aussi que la Direction d’Alphabet soit de plus en plus hostile à l’orientation prise par BD et ses robots jugés trop déviants. Le fait que ces derniers soient liés et associés à l’armée à Traver une collaboration étroite avec la DARPA ne correspondent pas à l’image que souhaite véhiculer Google.

Boston Dynamics se concentre sur la R&D

Pour l’heure, on sait que BD conserve malgré tout une grande indépendance. Basée à Boston, pendant que Google siège en Californie, la société poursuit ses collaborations avec l’armée américaine et son centre de recherche en technologies militaires. Aux manettes, Marc Raibert et ses chemises hawaïennes n’entend pas lâcher l’affaire. Il souhaite que ses robots figurent dans des opérations militaires risquées ou aident les personnes âgées dans leur quotidien, comme entrer et sortir de leur lit. Selon lui, ses robots, malgré un bon travail d’équilibre et de coordination, manquent encore de compétences motrices abouties ainsi que d’une forte conscience spatiale (capacité à savoir à quel point une surface peut être glissante ou instable).

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En vérité, l’armée, qui a financé les prototypes, a finalement renoncé à en commander. BigDog est trop bruyant et Spot ne peut pas porter assez de poids. Dans l’industrie, les contrats peinent donc à être signés. Le prix d’un robot Atlas avoisinerait selon les dires les 2 millions de dollars.

Outre ses buzz sur les réseaux sociaux, Boston Dynamics se concentre donc pour le moment sur son activité de recherche et développement. En décembre dernier, Raibert avait annoncé, lors d’une conférence organisée par TechCrunch, qu’il réfléchissait à un moyen de réduire le coût de ses machines. « Nous commençons à réassigner certains de nos talents sur ce sujet », a-t-il affirmé, avant d’affiner sur la question de la livraison à domicile : « Au lieu d’utiliser des drones, on pourrait peut-être le faire avec de bons vieux robots ».

Convaincus que les robots rattraperont un jour les capacités d’un humain, Raibert et son équipe de cerveaux jalousés dans le monde entier n’ont donc pas fini de faire parler d’eux. Le feu est vert, alors prenez garde. Vous risquez de croiser bientôt un humanoïde aussi pressé que vous.

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Les robots de Boston Dynamics, ces piétons du futur