Total mise sur les drones pour cartographier les sous-sols

Total s’apprête à utiliser des drones et des capteurs sans fils pour avoir une image 3D du sous-sol.

C’est en tout cas ce que vient d’annoncer l’entreprise pétrolière et gazière française via le lancement de son projet R&D intitulé Metis pour « Multiphysics Exploration Technology Integrated System ». L’objectif ? Cartographier en temps réel et en 3D les sous-sols tout en préservant davantage l’environnement grâce à des drones et des capteurs sans fil.

Il s’agirait d’une combinaison de technologies plus légères qui permettent d’acquérir, traiter et obtenir des images. Plus de 4 000 capteurs géophysiques pourront être déployés en une seule journée pour recueillir des données. Petits (50cm pour 700g), ces capteurs sont sans fil et en forme de fléchettes. En parallèle, une flotte de drones sera à même de lancer jusqu’à 400 récepteurs par km². Ce dispositif aérien sera complété par un dirigeable multi-fonctionnel qui viendra en appui pour la logistique. Ce dernier établira le relai entre la partie explorée et la base. L’ensemble des traces sismiques enregistrées seront ainsi transmises sur le terrain au centre de contrôle.

total-drone-capteur-1 (Crédit photo – Total Ramlo Productions)

Avec Metis, Total a donc l’occasion d’intégrer plusieurs techniques à différentes échelles, à l’instar de l’exploitation des données satellitaires ou aéroportées (radar, LiDAR, hyperspectral). Il s’agit bel et bien d’une avancée majeure dans le domaine de l’imagerie sismique. Ce système intégré d’acquisition géophysique va en effet pouvoir imager efficacement des zones terrestres complexes et difficiles d’accès. Les zones montagneuses, par exemple, représentent un défi majeur : leur imagerie sismique est particulièrement difficile et les incertitudes résultantes de la cartographie du sous-sol y sont grandes. D’où la nécessité pour Total de repenser les pratiques d’un point de vue global.

On sait également que les fameux petits capteurs seront en grande partie développés avec des constituants biodégradables à 100% (bio batterie, plastique PLA,…) pour préserver davantage l’environnement. Par l’intermédiaire de ce projet, Total compte améliorer les performances, réduire les coûts tout en améliorant la sécurité des opérations. Un test est prévu dès cet automne en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Un territoire où les acquisitions terrestres sont conditionnées par la très faible pénétrabilité d’une forêt primaire humide.

Cette approche innovante, qui vise à augmenter la VOI (Value Of Information) des données acquises dans des environnements de surface complexes, signale que Total souhaite optimiser le développement de ses champs d’action. Avec Metis, le groupe français pourrait bien, peu à peu, obtenir de nouveaux permis d’exploration ou relancer tout simplement l’intérêt de domaines miniers abandonnés par le passé. Faute d’outils fiables.

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